Aviation en Afrique : IATA alerte sur les blocages qui freinent la connectivité aérienne
Lors de sa conférence Focus Africa tenue les 29 et 30 avril 2026 à Addis-Abeba, l’IATA a tiré la sonnette d’alarme sur les obstacles structurels qui ralentissent le développement du transport aérien en Afrique. L’organisation appelle à des réformes urgentes pour améliorer la connectivité aérienne, levier clé de croissance économique sur le continent.
« L’aviation est une infrastructure économique essentielle pour l’Afrique », a déclaré Kamil Alawadhi. Selon lui, une stratégie axée sur la sécurité aérienne, la réduction des coûts, la durabilité énergétique et la simplification administrative permettrait de stimuler le commerce, le tourisme, l’emploi et l’intégration régionale.
L’IATA souligne que les retombées économiques d’un secteur aérien performant dépassent largement les recettes fiscales immédiates issues des passagers.
Sécurité aérienne : des progrès, mais des écarts persistants
L’Afrique a enregistré une amélioration notable de la sécurité aérienne entre 2024 et 2025, avec une baisse du taux d’accidents. Toutefois, ce niveau reste supérieur à la moyenne mondiale.
L’organisation recommande un renforcement de l’application des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale, encore insuffisamment mises en œuvre en Afrique subsaharienne. Elle insiste également sur la nécessité de publier davantage de rapports d’accidents et d’exploiter les audits internationaux pour améliorer les performances du secteur.
Coûts élevés et taxes, un frein à la compétitivité
Le coût du transport aérien en Afrique demeure un obstacle majeur. Les taxes et redevances y sont en moyenne 15 % plus élevées que dans le reste du monde. L’IATA pointe notamment les frais liés aux systèmes API-PNR, jugés excessifs dans plusieurs pays comme la Tanzanie, le Nigéria ou le Ghana.
Elle appelle à l’application effective des décisions de la CEDEAO, adoptées en décembre 2025, visant à supprimer certaines taxes et à en réduire d’autres de 25 % pour favoriser la connectivité régionale.
Blocage des fonds des compagnies aériennes
Autre défi majeur : le blocage des recettes des compagnies aériennes. À fin mars 2026, près de 774 millions de dollars restaient immobilisés en Afrique, notamment en Algérie, dans la zone XAF et au Mozambique.
« Une action urgente est nécessaire », a insisté Kamil Alawadhi, soulignant l’impact négatif de ces restrictions sur la connectivité aérienne et les opérations des compagnies.
Visas et mobilité, des barrières persistantes
L’IATA déplore également les politiques de visas encore trop restrictives. Près de la moitié des déplacements intra-africains nécessitent un visa préalable, ce qui freine la mobilité, le tourisme et l’intégration économique du continent.
Enfin, l’organisation met en avant les opportunités liées aux carburants d’aviation durable (SAF). L’Afrique dispose d’un fort potentiel grâce à ses ressources agricoles et forestières.
mettre en oeuvre la transition énergétique
L’IATA encourage les États à s’engager dans le mécanisme CORSIA et à mettre en place des politiques incitatives pour attirer les investissements dans les énergies renouvelables.

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