Autoroute Abidjan-Lagos : les préparatifs s’accélèrent pour lancer les travaux
Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria veulent donner un coup d’accélérateur au projet d’autoroute Abidjan-Lagos. À l’occasion de la réunion statutaire du Comité de pilotage ministériel, les représentants des cinq États ont examiné les mesures nécessaires pour faire avancer ce chantier considéré comme l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Présidant les travaux, le ministre nigérian des Travaux publics, l’ingénieur David Nweze Umahi, a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les États membres pour franchir les prochaines étapes. Ses homologues du Ghana, du Togo, de la Côte d’Ivoire et du Bénin ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement à conduire le projet vers sa phase de construction.
Pour les participants, l’urgence est désormais de réunir les ressources financières nécessaires, notamment pour l’acquisition des droits de passage et le financement des travaux. Le commissaire aux Infrastructures, à l’Énergie et à la Numérisation de la Commission de la CEDEAO, Amin Amidu Sulemani, a également appelé à accélérer le processus. Selon lui, la phase des études a suffisamment duré et les populations ouest-africaines attendent désormais les retombées économiques de cette infrastructure.
Le dispositif institutionnel de l’ALCoMA se renforce
Les ministres ont également salué les avancées enregistrées dans la mise en place de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA). Wilfried Lauriano do Rego, ressortissant béninois, a été nommé premier président de son conseil d’administration. Des comités intérimaires chargés des ressources humaines, des rémunérations et des finances ont également été constitués pour accélérer l’opérationnalisation de cette structure.
Le comité de pilotage a ainsi approuvé la poursuite de la mise en place de l’ALCoMA, notamment le recrutement de son directeur général, de son secrétaire juridique et général ainsi que de ses principaux directeurs.
500 millions de dollars recherchés pour lancer les travaux
La question du financement constitue ainsi l’un des principaux défis du projet. Désignée comme arrangeur principal pour la phase d’investissement, la Banque africaine de développement (BAD) entend mobiliser environ 500 millions de dollars de capitaux catalyseurs, notamment à travers les ressources du FAD-17 et d’autres instruments financiers consacrés au climat et à l’environnement.
Cette enveloppe doit contribuer au lancement de la construction des premiers tronçons. La BAD a par ailleurs rappelé avoir déjà consacré plus de 25 millions de dollars aux études de faisabilité, aux études de conception et à l’assistance technique.
Longue de 1 028 km et conçue comme une autoroute à six voies, cette infrastructure doit relier les principaux pôles économiques de la côte ouest-africaine, d’Abidjan à Lagos. Les ministres ont notamment demandé à l’ALCoMA et à la CEDEAO de veiller à la connexion des ports maritimes et des capitales situés le long du corridor ou à proximité.
Le projet ambitionne de réduire les coûts logistiques, de faciliter les échanges commerciaux et de stimuler les investissements industriels dans les cinq pays concernés.

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