Mobilité urbaine à Abidjan : l’AMUGA mise sur la professionnalisation du transport artisanal

Le transport artisanal devra évoluer pour s’intégrer au système de mobilité urbaine projeté à l’horizon 2030 dans le Grand Abidjan. Lors d’une table ronde tenue le 20 octobre 2026 dans le cadre de la deuxième édition de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC 2026), Aristide Gahie, directeur de la Planification, des Études et des Projets à l’AMUGA, a présenté les principales mesures prévues pour accompagner cette transformation.

La première étape repose sur le regroupement des acteurs. Des groupements d’intérêt économique (GIE) seront constitués pour les woro-woro, par commune, et les gbaka, par gare et réseau de lignes. D’autres catégories de transporteurs conserveront un fonctionnement en coopératives.

Cette réorganisation s’accompagnera de cahiers des charges définissant les conditions d’exploitation, de lignes prédéfinies et d’une évolution du cadre de délivrance des autorisations. L’objectif est d’améliorer la régularité des services et de faciliter les correspondances avec le métro, le Bus Rapid Transit (BRT) et le transport lagunaire.

« « Les transports artisanaux tels qu’ils sont aujourd’hui ne peuvent pas intégrer le système projeté à l’horizon 2030 », a déclaré M Gahie.

3 000 véhicules pour une première phase

Le renouvellement du parc constitue un autre volet majeur. Dans le cadre du Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (PMUA), 3 000 véhicules sont prévus, dont un peu plus de 1 000 gbaka et 2 000 taxis collectifs. Cette première phase s’inscrit dans un objectif plus large de renouvellement d’environ 10 000 véhicules.

L’AMUGA prévoit également de renforcer les systèmes d’information voyageurs et le suivi de l’exploitation afin d’améliorer la fréquence des services. Des têtes de stationnement sont déjà en cours d’aménagement, notamment à Yopougon. À terme, les véhicules devront respecter des points d’arrêt prédéfinis.

Une billettique commune en préparation

La dématérialisation des paiements figure aussi parmi les chantiers engagés, avec des projets pilotes déjà lancés sur certaines lignes. Un support de paiement unique est envisagé pour faciliter l’accès aux différents modes de transport.

Toutefois, un support commun ne signifiera pas nécessairement un tarif unique. Selon Aristide Gahie, les trajets en gbaka conserveront une tarification distincte, tandis que les services conventionnés, notamment la SOTRA, le métro, le BRT et le transport lagunaire, seront concernés par une tarification intégrée.

Un opérateur privé devrait gérer la billettique centrale et assurer la répartition des recettes entre les opérateurs. Des discussions sont en cours pour préciser les modalités d’interopérabilité et de partage des revenus.

32 pôles d’échanges à l’horizon 2031

Pour faciliter les correspondances, l’AMUGA prévoit la construction de 32 pôles d’échanges multimodaux d’ici 2031. Celui d’Adjamé Délégation devrait être opérationnel en 2029, avec notamment des voies d’accès, des quais pour autobus et minibus ainsi que des espaces de stationnement-relais.

Les premières actions privilégieront les zones situées autour du métro et du BRT afin d’organiser le rabattement des usagers vers ces infrastructures.

Le financement reste un enjeu central. Selon les estimations présentées par Aristide Gahie, les gains d’efficacité attendus pourraient faire passer de 40 % à environ 25 % la part des déficits à couvrir. Toutefois, l’augmentation du nombre de voyageurs pourrait entraîner une hausse du montant total des compensations.

L’exploitation des pôles d’échanges, le développement immobilier autour des gares et d’autres mécanismes, dont le versement mobilité, sont envisagés pour mobiliser des ressources complémentaires.

You may also like...

Laisser un commentaire